L’Usine inspire la passion. L’Usine inspire les jeunes boursiers de la Fondation Princesse Margarita de Roumanie

  • Fin novembre, il y a eu le Gala de Jeunes Talents, dans la présence de son Altesse Royale la Princesse Maria, évènement pendant lequel une inédite installation industrielle d’art a été présentée, installation faite de pièces de moteur provenant de Groupe Renault Roumanie. Vernissée par Raluca Pantis – designer automobile Groupe Renault Roumanie – dans la présence des jeunes boursiers de la Fondation Princesse Margarita de Roumanie qui ont conçu les trois œuvres d’art, l’exposition fait partie de la campagne l’Usine inspire la passion. Celle-ci traduit de manière artistique la passion des 3.800 employés de l’Usine Mécanique et Châssis Dacia, la plus complexe usine mécanique du Groupe Renault, au niveau mondial. Les boursiers ont fait une visite à l’usine de Mioveni et ils ont eu la liberté de concevoir leur art étant inspirés par ce qu’ils ont vu dans le milieu industriel. Ils ont pu solliciter des pièces, ont discuté avec les employés, ont posé des questions, ont mesuré, dessiné, fait des ébauches, ont échangé avec leur mentor, Raluca, et le résultat a été vraiment impressionnant. J’ai discuté avec Raluca, mais aussi avec les trois grandes équipes sur ce que l’expérience voulait dire pour eux, sur leur ressenti par rapport à la création d’une ballerine, d’une spina (colonne vertébrale) et d’un cœur avec des pièces utilisées normalement à la construction d’une voiture. 

     


    Le moteur le cœur

    « Rien n’est loin de rien »

     Le cœur est le « moteur » de la vie. Un cœur pompe presque 100 milles fois par jour, 35 millions de fois par an et 25 milliards de fois dans une vie. Pareil, un moteur « sain » peut faire 5.000 rotations par minutes, 300 milles par heure et plus de 25 millions de rotations pendant une année. L’installation représente le plus important mécanisme de la vie et du mouvement : le cœur présenté comme un moteur, le moteur présenté comme un cœur.

    Consuela Diniță [24 ans, peinture], Alina Cerescu [24 ans, graphique] et Mara Gudină, qui n’a pas été présente au gala, ont fait partie de l’équipe qui a travaillé sur le Moteur – Coeur.

     

    Consuela ouvrira un atelier d’art et détente pour les adultes. A présent, elle fait des animations d’arts plastiques avec les enfants d’une école privée et fait des caricatures lors des divers événements. Alina a fait des études de graphique et elle partira avec une bourse Erasmus au Royaume Uni.

     

    Comment avez-vous trouvé l’usine ?

    [Consuela] : Jamais de ma vie je n’avais vu une usine, je n’avais pas d’attente, je ne m’étais pas fait des plans. Et quand j’ai vu ce monde, je l’ai beaucoup aimé ! On dirait, théoriquement, que l’art est loin de l’industriel, mais à moi rien ne me semble loin de rien. Je suis partie de là sans un point de repère. Je me posais la question : et tout cela entre dans une voiture ? C’était accablant !

    J’étais impressionnée par la vitesse des gens. Ils étaient comme des robots, sauf qu’ils étaient des humains – leur mouvements, enchainés, c’étaient comme une danse.

     [Alina]: J’étais comme dans un film de SF, tout se déroulait en automate, tous étaient en communion, tous tenaient le rythme. Il semblait qu’il y avait quelqu’un quelque part là-haut qui les coordonnait.  Tout est mis à jour, avec de la technologie, des petits robots ici et là, wow!

    Si j’étais salariée là-bas, je serais impressionnée de mon travail : voilà ce que je peux faire ! Au fait, je pense vraiment que les salariés sont très impressionnés par leur travail et ils en ont pourquoi. Je suis allée aussi à Renault Day et j’entendais des employés expliquer aux familles sur des pièces, ils présentaient aux enfants leur travail et ces scènes m’ont émues.

     

    Consuela, as-tu peint ce que t’as vu dans l’usine ?

    Oui, je peindrais quelque chose de massif et lourd. J’ai gardé l’image d’un outil immense, une super presse qui sortait une pièce minuscule. Et le son était si fort ! C’est comme dans la vie : des fois tu fais des efforts colossaux pour des menues choses, mais vitales.

     

    Comment vous-êtes-vous trouvés, comment avez-vous formé cette équipe ?

    C’était naturel, chacun a donné une idée, on les a mis ensemble et c’est ainsi que nous sommes devenus une équipe.

     

    Combien avez-vous travaillé pour le projet ?

    De manière physique : deux jours. De manière conceptuelle : plus, beaucoup plus.

     

    Qu’est-ce qui a été le plus difficile ?

    [Alina]: Le choix des pièces. Je suis allée trois fois à l’usine et ce n’est qu’ensuite que je me suis faite une image plus claire.

     

    Qu’est-ce qui a été pour vous les Jeunes Talents ? Comment le programme vous a-t-il aidé ?

     [Alina] : J’ai appris quand j’étais au lycée de ce programme, mais j’ai postulé uniquement quand j’étais au master. J’ai tant aimé, et maintenant je suis dans la 2e année chez eux. C’est clair qu’il vaut la peine, puisque je suis revenue. J’ai pu discuter avec des gens de grande hauteur intellectuelle, vraiment grande, comme par exemple, Oana Pellea. En plus, grâce à la bourse j’ai pu aller à Barcelone, j’ai vu des musées, tout a été extrêmement utile.

     [Consuela]: J’ai appris des Jeunes Talents en première année, par des collègues, j’ai envoyé le portfolio que j’avais depuis mon lycée, j’ai été d’abord rejetée, mais ensuite je suis revenue cette année et j’ai été acceptée. Cela m’a énormément aidée, j’ai eu des projets, je suis bien branchée. Pour ne plus parler des programmes de mentoring. C’était génial. Où aurais-je eu l’occasion de parler avec ces gens ?

    Par ce programme je suis allée à Paris, voir le Louvre. Avant, quand je voyais des images de cette pyramide, je n’espérais pas y aller bientôt, mais cette année devine où je suis allée ?

     

    Pourquoi le moteur – cœur ?

    [Consuela] : Ce fut un projet fantastique ! Nous avions bien peur que cela n’allait pas marcher, mais nous n’y pouvions pas croire. Nous avons utilisé le moteur, car c’est le cœur de la voiture, c’est le centre et le cœur est le centre de notre vie. Des bielles, des pistons, des noms que je ne connaissais pas avant, et maintenant ils font partie de notre art. N’est-ce pas ?

     [Alina] : On nous a demandé de suivre le mouvement, la manivelle agie par une personne qui met en fonction le mouvement et, pratiquement, le cœur.

     

    Ce serait cool que l’homme ait aussi un bouton d’où il puisse activer son cœur.

     [Consuela] : ah, ah, ah, ce serait quelque chose ! Nous ne souffririons plus.

     

    L’usine inspire la passion en fin de comptes. Qu’en dites-vous ?

    [Consuela] : Ooo, mais bien sûr ! Nous, puisqu’on a fait un œuvre artistique des éléments industriels, nous avons pleinement prouvé que l’art peut transformer l’industrie et vice versa. Deux univers se sont unis et cela est incroyable ! Ce que nous avons fait aujourd’hui c’est un outil. Ce n’est pas un Duster, ce n’est pas une Mégane, mais un outil plus spécial. J’aimerais bien qu’on demande maintenant aux employés de l’usine qu’ils peignent eux aussi quelque chose, qu’ils fassent eux aussi notre art. Qu’on leur donne des brosses et qu’ils fassent une ébauche. Je parie que nous aurons un bon résultat.

     

     [Alina] : Si on n’était pas vraiment allé là-bas, je n’aurais pas parler d’inspiration. Mais l’atmosphère de l’usine est indescriptible. Tu ressens ce que ces gens-là ressentent. C’est un autre monde que je me réjouis énormément avoir connu. Côté inspiration je suis vraiment reconnaissante d’avoir fait la connaissance de cet univers.

     


     

    La ballerine

    « La voiture en soi est un objet d’art »

    L’axe à cames, la bielle, les vis et les composants du moteur se réunissent et créent une ballerine en plein mouvement. Les pièces ont été coupées, découpées, courbées et tordues pour obtenir la silhouette qui exprime, à la fois, la force et l’élégance.

    Auteurs : Rusu Doru [Sculpture], Ștefana Chelaru [Design], Anghel Ionuț Ștefan [Graphique], Florea Alexandru Daniel [Graphique]

     

    Comment avez-vous trouvé la visite à l’usine ?

    [Ștefana] : J’ai visité deux fois l’usine et l’impact a été fort. J’ai été impressionnée par les robots, par la technologie. J’ai aimé l’aluminium coulé et j’ai été éblouie par la chromatique. Tous types de textures, de couleurs – pour moi l’usine est un univers argenté, un peu doré, un peu fer rouillé.

     [Doru] : J’ai aimé l’usine, puisque je suis passionné par la mécanique et par les voitures, j’avais regardé avant à la télé et sur internet comment les voitures sont fabriquées, sauf que là tout est différent. Ce fut un choc total : la musique, la force, la dimension. Lorsqu’on regarde la télé, on ne voit pas et on ne sent pas pareil.

     [Alexandru] : Pour moi ce fut l’atmosphère qui m’a impressionnée le plus ! Surtout le son ! Le rythme qui se crée, c’est comme une sonorité spécifique : le son de l’usine.

     

    Qu’est-ce qui a été le plus difficile ?

    Estimer le nécessaire de pièces. Pour commencer nous avons demandé beaucoup de grosses pièces, qui étaient difficile à introduire, alors nous avons reconçu le nécessaire et sollicité à nouveau.

     

    Doru, dans quelle mesure as-tu introduit la sculpture dans ton projet ?

    Volume, tridimensionnel, objet : c’est ici que la sculpture est intervenue.

     

    Avez-vous craint que vous n’alliez pas aboutir ?

    [Ștefan]: C’était ma première pensée : Nous ne pouvons pas faire ça. Aucun espoir. Mais je n’ai pas cédé.

     

    Combien avez-vous travaillé ?

    Trois jours – du matin jusqu’au soir.

     

    Quatre garçons et une fille.

    [Ștefana] : Oui, j’ai été la seule fille de l’équipe et nous avons fait une ballerine [elle rit]. C’était bien marrant de les voir combien ils s’appliquaient à bosser physiquement, ils soudaient, ils transportaient – tout pour une ballerine.

     

    L’usine inspire-t-elle la passion ?

    [Ștefana]:  La voiture en soi est un objet d’art. Le design d’une voiture est un objet d’art. Toute cette folie c’est de l’art. De point de vue compositionnel, la voiture a un look excellent, ce qui représente en soi un art. 

     


    Spina

    « L’usine te donne des possibilités infinies »

    En latin « spina » signifie colonne vertébrale. L’œuvre réunit 500 bielles qui représentent les employés de l’usine et c’est une double colonne, chaque axe représente une des deux entreprises : Dacia et Renault.

    Auteur : Silviu Ciora, 22 ans, sculpture

     

    Comment t’as trouvé l’usine ?

    Elle a eu une grande influence sur ma vie d’artiste. Lorsque je me baladais dans l’usine, j’ai commencé à avoir plein d’idées. Je voyais des projets sous toutes les formes, mais je me suis limitée à des bielles.

     

    Tu as été le seul qui a su du premier coup ce qu’il voulait

    Oui, tout à fait. J’ai su du premier coup ce que je voulais – c’est comme ça que je suis dans la vie.

     

    Tu ressens les craintes de l’artiste qui se trouve dans un pays où l’art souffre financièrement ?

    Oui, nous tous nous avons cette crainte, mais elle diminue dans le temps. J’ai des projets mensuels et la crainte fond.

     

    Des compromis t’en fais ?

    Tous les artistes ont fait et ils font des compromis. Y compris les plus grands, de l’histoire. Ils peignaient des chaises, etc. Quand j’ai des projets plutôt non-artistiques, j’ai une approche honnête. Je délivre les livrables, la charge émotionnelle n’est pas la même, mais je ne dramatise pas la situation.

     

    Comment t’as eu l’idée avec Spina?

    Dans l’usine, directement. J’ai vu la pièce, j’ai posé des questions sur comment elle s’attache et se détache et quand j’ai appris l’idée m’est venue.

     

    Pour combien t’as travaillé ?

    3 semaines.

     

    Wow, beaucoup. T’as eu des moments quand t’as cédé ?

    4 fois ! Quand je suis revenu, j’ai recalculé, remodelé. Ce ne fut pas facile, mais il a valu la peine.

     

    L’usine inspire-t-elle la passion ?

    D’abord j’ai demandé 500 pièces. Ensuite, j’ai sollicité encore 500. Cela parle de soi. Combien des possibilités l’usine te donne ! Infinies. La différence entre nous, les artistes, et le reste du monde est que nous voyons différemment. J’ai pris la bielle et je lui ai donné un autre usage. J’ai sorti la bielle de son monde et je lui ai donné un autre contexte.

     

    Qu’est-ce que t’as aimé le plus dans le programme des Jeunes Talents ?

    J’ai aimé énormément le mentorat. Je mentionnerais ici Raluca Pantis, votre designer, qui m’a donné des pistes extraordinaires !

     


    « La limite est plus bas que le ciel »

    Raluca Pantis, designer automobile Groupe Renault Roumanie

    Raluca, tu as été le mentor des boursiers pendant le programme des Jeunes Talents. Comment t’as travaillé avec eux ?

    C’était merveilleux. Les boursiers ne savaient pas qu’elle était la bonne voie pour eux, j’étais pareille au début. On est tous pareils au début. Moi aussi j’ai fait UNARTE et quand j’ai achevé – mes études, je ne savais pas ce que la vie était, je ne savais pas faire un objet, faire quelque chose, créer – même si l’université théoriquement m’avait appris cela.

     

    Comment t’as appris des Jeunes Talents ?

    J’ai appris du projet au sein du Groupe Renault Roumanie – on m’a proposée d’être membre du jury et c’est ainsi que j’ai commencé ma coopération avec ces enfants incroyables. C’est quand j’étais dans le jury que j’ai eu mon premier contact avec eux, ensuite j’ai décidé à continuer à mon propre compte. J’ai voulu m’impliquer directement en tant que mentor, car j’ai vu qu’ils avaient besoin de mon aide.

     

    Où est-ce que tu les as aidés le plus ?

    Quand t’es à la fac, tu ne sais pas très bien quoi faire de ta vie, tout est chaos et sky is the limit. J’ai essayé les aider à organiser leur temps, à voir les priorités et à se structurer, car des fois la vie est plus étroite que le ciel.

     

    T’es designer de l’automobile. Quel pourcentage est l’usine dans ton travail et quel pourcentage est l’art ?

    Il ne s’agit pas de pourcentage. Ils sont interdépendants.

     

    T’es parfaite, car tu comprends et l’usine et l’art

    Oui, quelque part. Nous qui travaillons en design de couleurs et matières, nous avons beaucoup de contact avec les gens de l’usine, avec l’ingénierie. Nous habillons la voiture à l’intérieur et à l’extérieur, donc nous sommes vraiment en contact avec l’usine. Nous sommes là, au cœur du problème, nous connaissons également les deux parties.

     

    Tu continueras aussi avec la nouvelle édition des Jeunes Talents ?

    Oui. On me l’a proposée déjà et j’ai accepté.

     

    Somme final, quel sera le gain le plus important de cette coopération ?

    Les discussions amples que j’ai eues avec eux. Pas uniquement sur les travaux – j’ai écouté leurs histoires sur le travail et autres, on a pris des pauses, on a plaisanté, on s’est liés d’amitié. Je n’ai pas été la prof avec le fouet, j’ai été leur amie et je me réjouis d’avoir eu cette chance. 

     

    L’Usine inspire la passion est la campagne qui traduit de manière artistique la passion des 3.800 employés de l’Usine Mécanique et Châssis Dacia, l’usine la plus complexe du Groupe Renault, au niveau mondial, en ce qui concerne les processus et les activités. La passion des employés devient connue avec l’aide des jeunes doués des diverses domaines de l’art. Ainsi, la technologie est transplantée au plan émotionnel par différentes expressions artistiques, comme on a vu avec les artistes de la Fondation Princesse Margarita de la Roumanie, qui ont réinterprété les pièces de l’usine des manières nouvelles et surprenantes.

    Jeunes Talents, programme soutenu par Groupe Renault Roumanie

    Le programme Jeunes Talents soutient et promeut des jeunes artistes doués, provenant des familles à basses recettes, qui ne peuvent pas développer leur talent à cause des manques matériels et financiers. Les bourses individuelles aident à l’achat des matières et des instruments nécessaires dans l’activité artistique, au payement des taxes de participation à des concours nationaux et internationaux, tout comme à la participation à des formations spécialisées en Roumanie et à l’étranger.