La communication est comme la marche sur le fil: il faut trouver l’équilibre

Entretien avec Anca Oreviceanu, Directeur de Communication, Groupe Renault Romania

Née en 1979 à Slatina, Anca Oreviceanu est diplômée de l’Ecole Nationale d’Etudes Politiques et Administratives de Bucarest, Faculté de Communication (2002). Elle a une expérience de 10 ans en communication, au sein du système public (l’Autorité pour la Valorisation des Actifs de l’Etat) et d’entreprises de droit privé (Petrom, Renault Technologie Roumanie). Elle coordonne la communication de Renault Technologie Roumanie depuis 2007. A partir de mars 2011 elle a pris la direction du département de communication du Groupe Renault de Roumanie.

- Quels sont les objectifs que vous vous avez proposés pour la première année de votre nouvelle fonction?

En premier lieu, nous nous proposons d’être meilleure, de travailler chaque jour avec plus de professionnalisme.

Je me suis proposé d’apprendre et de mieux comprendre la marque de Dacia, de renforcer mon équipe. Je veux que nous réalisations cette année toutes les actions planifiées et construire ensemble une stratégie consistante pour les années futures.

Notre mission est de proposer des sujets, des événements, des partenariats intéressants pour nos collaborateurs et qui mettent en valeur la société et ses produits.

- Quelles actions vous planifiez pour la période suivante pour la marque Dacia?

Cette année, la communication de Dacia est beaucoup orientée vers la partie d’entreprise, avec des « histoires » sur les gens et leur travail, les entités, l’évolution.

La deuxième partie de l’année sera dédiée à certains partenariats déjà annoncés, avec le Festival International George Enescu et avec la Foire du Livre Gaudeaumus. Il s’agit de deux événements culturels de grande taille, et nous voulons en profiter (au sens positif) pour montrer aux clients actuels et potentiels que Dacia est une marque moderne, intéressée par la culture et par les gens. Le Festival Enescu représente quelque chose de plus: une porte ouverte vers le monde, par laquelle Dacia va vers son public international (notamment de l’Europe d’Ouest), vers lequel elle a dirigé les derniers ans la plupart des voitures produites à Mioveni.

- Quel est le rôle de la fonction de communication dans une organisation?

Je fais une forte confiance au rôle stratégique de la communication dans une organisation et je suis heureuse lorsqu’elle est reconnue en tant que telle.

Notre monde quotidien change extrêmement vite et les sociétés doivent aller au même sens. Pour en arriver à cela, le personnel de la société doit s’apercevoir du sens suivi, comprendre les objectifs et y adhérer, savoir bien leurs devoirs et les progrès qu’il doit encore faire. C’est ici qu’intervient la communication interne, avec son rôle important.

D’autre part, pour résister dans le même monde, les sociétés doivent être transparentes par rapport à leurs partenaires externes, cohérentes et consistantes en ce qui concerne les messages qu’elles transmettent. C’est ici le travail de communication externe.

De plus, la communication interne et celle externe doivent impérativement aller de pair: on ne peut pas raconter des histoires différentes aux employés et à la presse.

Et la règle de base est celle de l’honnêteté.

- Quelle est la plus grande provocation professionnelle d’un communicateur?

Le travail de communication est souvent comme la marche sur le fil: il faut trouver en permanence l’équilibre entre ce que le public attend (les salariés, la presse, les partenaires) et les contraintes imposées par la société et son environnement (confidentialité, budget, concurrence etc.). C’est qu’on a toujours derrière soi un parcours qui nous donne la confiance, qui nous soutient, mais il faut attentivement planifier chaque pas, pour ne pas détériorer ce qui a été construit jusqu’à présent.

- Quels sont à votre avis les avantages compétitifs détenus par une femme sur une fonction de direction?

Le management signifie en substance le travail avec les gens: établir ensemble des objectifs, les motiver et les aider à les atteindre, leur reconnaître les mérites ou les aider à progresser. Je crois (et j’espère) qu’une femme a un plus d’intelligence émotive: elle est un peu plus attentive et plus orientée vers les gens, elle observe plus vite l’état d’esprit et les préoccupations de ceux qui l’entourent, ayant ainsi un atout pour trouver « les pistons qui agissent la voiture ». Je crois aussi qu’une femme est moins conduite par orgueil dans les décisions qu’elle prend ou dans la modalité d’approche d’une situation conflictuelle. Le reste tient de l’expérience, des connaissances et de la motivation de chacun.